La maison Lefebvre Dalloz mise sous stress

La maison Lefebvre Dalloz mise sous stress

Le suicide d’un commercial depuis le toit terrasse de l’entreprise a été le point de départ de l’enquête de la cellule d’investigation de Radio France sur Lefebvre Dalloz, éditeur juridique autrefois connu pour son management bienveillant et ses résultats solides.

En 2018, après une étude stratégique de McKinsey réalisée pour 1 million d’euros, le conseil de surveillance nomme un nouveau PDG, Olivier Campenon, ex-patron de la division française de British Telecom (BT), qui décide de s’accompagner de Stéphane Duret, au poste de directeur délégué à la transformation.

Commence alors un management qui change l’entreprise, avec son lot de burn-out, arrêts de travail, encadrement « brutal », départs d’anciens responsables (quasi-totalité du comité de direction et une vingtaine de directeurs) au point d’aboutir à « mal-être étendu ». Les services de formation sont fusionnés avant un rapprochement des maisons d’édition. Les fusions engendrant des doublons, les effectifs baissent de 14 % entre 2020 et 2024. Le groupe de 500 millions d’euros de CA et de 2 600 collaborateurs dans le monde (1 200 en France) applique son plan « Augmented Growth« .

Pression sur les commerciaux

L’article raconte aussi la pression qui s’opère en particulier sur les commerciaux, auxquels sont assignés des objectifs irréalisables. Ceux qui s’occupent des marchés entreprises et experts comptables doivent augmenter leurs ventes de respectivement 47 % et 43 % entre 2023 et 2024. « La pression est surtout forte pour les commerciaux, a confirmé à Stratégies un salarié qui veut garder l’anonymat. À l’édition, ce sont surtout les effectifs qui fondent, la charge de travail et des perspectives pas claires notamment avec l’IA… ».

Signe de ce flottement, la CEO du groupe en France, Ketty de Falco, chargée en février 2024 de mener un paquebot de 310 millions de CA, a décidé début juillet de jeter l’éponge pour rejoindre le groupe Solocal, à l’appel de Maurice Lévy.

Après une alerte de deux actionnaires familiaux dès 2021 sur un « management brutal » puis un rapport au vitriol de l’inspection du travail, il est difficile d’ignorer que le plan de transformation favorise la souffrance au travail. Mais il a fallu attendre l’hiver dernier pour que le conseil d’administration procède au relèvement du directoire et du conseil de surveillance (le patron Olivier Campenon étant parti à la retraite en avril).

Au passage, des cabinets d’audit se sont servis, portant le budget consulting à 10 millions d’euros par an, selon l’enquêtrice Géraldine Hallot qui précise que la direction de Lefebvre Dalloz se défend de son côté en affirmant que « le faible turnover – inférieur à 3 % – et l’ancienneté élevée des salariés traduisent leur attachement durable à l’entreprise ».

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